samedi 5 janvier 2008

Financements de la recherche et du développement en France



Matériellement, le développement des connaissances et des diverses formes de recherche qui a marqué ces dernières décennies est confronté aujourd’hui à des inégalités croissantes liées à la volonté d’intégration du savoir et de la recherche dans un espace libéral mondialisé. Cette crise, fruit de la politique libérale de recomposition de l’université et de la recherche, est traversée aussi par d’autres pays européens comme l’Espagne et l’Allemagne.

Dans les années quatre-vingt-dix, la France connaît une première vague de libéralisme au niveau des politiques de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les mesures et les pratiques ministérielles changent à l’intérieur d’un discours qui exalte la concurrence, la compétition et l’élitisme au nom de l’excellence. Ce sont donc les bases de la recherche fondamentale qui sont menacées. Pour produire des nouvelles connaissances, la recherche fondamentale doit être libre dans tous les domaines. En ce sens qu’elle s’accommode mal à des objectifs spécifiques et à la concurrence. La recherche appliquée est même tributaire de la recherche fondamentale puisqu’elle plonge ses racines à l’intérieur de celle-ci et en est donc dépendante.
Les chiffres confirment le retard de la dynamique scientifique en France : même si les DIRD (Dépenses Interne pour la Recherche et le Développement) augmentent à partir des années quatre-vingt-dix jusqu’à aujourd’hui, le ratio DIRD/PIB diminue. Les deux grands exécuteurs économiques de la recherche sont les administrations et les entreprises (publiques et privées). Par administrations, il faut comprendre l’Etat (services ministériels, organismes public de recherche), le secteur de l’enseignement supérieur (universités, hôpitaux, Grandes Ecoles) et les institutions à but non lucratif (associations, fondations). Depuis 1995, la contribution des entreprises aux dépenses pour la recherche dépasse celle des administrations. En 2005 les entreprises réalisent 54% des DNRS ( Dépenses Nationales pour la Recherche et le Développement) alors que les administrations ne dépassent pas la part des 45%. Le poids des entreprises en termes de R&D devient toujours plus important à défaut des administrations. Cette tendance à la valorisation des entreprises s’accompagne d’une diminution de la progression des effectifs de R&D ces dernières années (1,4% contre 2,5% en moyenne annuelle entre 2000 et 2004). La conclusion est que nous assistons à une croissance plus faible de l’emploi des chercheurs.
Une autre remarque concerne le ralentissement de l’activité de recherche fondamentale des universités et des centres hospitaliers. Pourtant ce type de recherche est essentiel à fin de trouver des solutions aux nouveaux défis de ce siècle comme les catastrophes écologiques et sanitaires. Ce sont les vrais menaces contemporaines et elles ne peuvent pas êtres résolus à court terme seulement grâce à la recherche appliquée.
En effet, la recherche publique et des entreprises se concentre dans des secteurs d’activité spécifiques tels que l’industrie automobile, l’industrie pharmaceutique, les technologies des communications et la construction aéronautique. Donc la recherche fondamentale française qui attirait des scientifiques du monde entier est en train de régresser. Cependant elle dispose de structures optimales, mais les budgets n’en sont pas à la hauteur. Malgré les résultats positifs de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) créée en 2007 et qui finance des projets, les structures publiques manquent incontestablement d’argent. Et ce phénomène continuera puisque la moitié des subventions pour la recherche publique en 2007 est destinée à la création de CDD et non de postes.
Les EPST (Etablissement Publics à caractère Scientifique et Technologique) qui regroupent notamment le CNRS, ne seront plus libres dans les prochaines années à venir. Ces structures seront obligées de faire de la recherche en conformité à des projets choisis en amont et à promouvoir les partenariats afin de mettre en réseau les acteurs de cette recherche.
Il semble que les progrès de la société en termes de bien-être ne soit plus à l’ordre du jour et que la rentabilité ait fait un pas en avant dans la société française.

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